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vendredi 10 septembre 2010

Flammèche : Facebook

J'ai récemment « découvert » Facebook. Avec tout ce que cela implique.

Le positif? J'ai retracé des collègues de classe et de travail à qui je n'avais pas parlé depuis des années. (J'ai en fait parlé à certains à qui je ne parlais à peu près pas, à l'époque. C'est ça, la magie du Net, j'imagine : il statue que, d'un coup, quelqu'un devient votre ami.)

Le négatif? Deux fois, cette semaine, je tombe (c'est le cas de le dire) sur des infos extrêmement personnelles - mais là je veux dire ultra personnelles, dans le genre « mon chum ou ma blonde seulement devrait le savoir ».

Des exemples? Quelqu'un parle du stérilet qu'elle s'est fait installer avec la candeur avec laquelle j'avouerais à mon voisin que je suis allé faire appliquer le traitement antirouille sur mon char, cet été.

Quelqu'un d'autre, ce matin, nous apprend qu'elle a le col effacé à 50 % et exhorte presque son bébé de s'expédier hors d'elle-même le plus tôt possible.

Vraiment, l'ère postmoderne me fascine. J'imagine qu'on a tous besoin d'un plus franc que soi. Pour ma part, je dévoilerais volontiers mon NIP avant de parler en public de mon fond de culotte.

Et moi qui croyais qu'il n'y avait qu'à la cuisinette de mon département que les femelles parlaient de leur plomberie interne...

SL

mercredi 8 septembre 2010

Flammèche : la persévérance

Les félicitations sont d'usage à l'endroit de Maxim St-Pierre, un Québécois de 30 ans qui obtenait cette année une chance avec les Tigers de Détroit dans le baseball majeur... après 14 saisons passées dans les mineures, à attendre son tour et à espérer. Qui plus est, St-Pierre a eu le courage de dénoncer l'usage de produits dopants par ses collègues du baseball professionnel.

Au rythme auquel vont les choses, le baseball majeur - un sport 100 % anglophone à présent - comptera avant longtemps plus de Québécois que l'organisation du Canadien...

SL

mercredi 9 juin 2010

Flammèche : quand on dit "surjouer"...

Le batteur de ce band semble être, comme le dit l'intitulé de la vidéo, dans le mauvais band - ou du moins dans le mauvais spectacle... Vous vous rappelez The Wedding Singer, avec Adam Sandler? Quand on dit qu'un gars en fait trop... en voici un exemple.



Presque un phénomène de foire...

SL

mardi 27 avril 2010

Flammèche : Ouch !

Whitney Houston n'est plus l'ombre de la chanteuse qu'elle a déjà été. Son hit "I will always love you" me tombait déjà sur les nerfs, mais là, ça dépasse les bornes. Apparemment, des gens du public ont quitté l'enceinte où avait lieu le spectacle.

(Source : Yahoo.)

SL

mercredi 21 avril 2010

Flammèche : Autres temps, autres moeurs

La vidéo suivante n'est pas évidente à visionner tant elle rend mal à l'aise. Il s'agit d'un montage d'extraits de l'émission Just Like Mom, un quiz canadien datant du début des années 1980. Le comportement de l'animateur, Fergie Oliver, y est totalement inapproprié, selon nos standards de 2010.

Parions qu'il aurait à rendre des comptes, de nos jours... et que l'émission ne serait diffusée qu'une fois avant d'être retirée des ondes.

À titre informatif, mentionnons que c'est la femme d'Oliver qui était productrice.





SL

jeudi 15 avril 2010

Flammèche : Stephen King

Une entrevue d'un peu plus de 3 minutes avec un de mes auteurs préférés, celui-là même grâce à qui je suis entré en littérature comme on entre au couvent... La nouvelle dont il est question semble vraiment attrayante - et la vidéo promotionnelle l'est encore plus.

Ah! Ces auteurs qui vendent... on leur fait des faveurs dont les petits scribouillards ne jouiront jamais...

Vous apercevez, à droite de l'écran, les épisodes qu'il est possible de visionner.

SL

jeudi 25 mars 2010

Flammèche : Montcuq

Prenez 2 minutes 22 secondes de votre journée pour regarder (et écouter) cette vidéo. J'ignore d'où provient l'extrait, mais ce n'est manifestement pas nouveau.



Vous aurez peut-être reconnu, en Daniel Prévost (le « journaliste ») l'acteur qui incarne Lucien Cheval, dans Le dîner de cons.

SL

lundi 22 mars 2010

Flammèche : From everywhere in the world

Quand j'étais petit, un dessin animé du samedi matin présentait un maître de poste qui préparait le courrier pour les envois par avion. L'homme répartissait les lettres par états américains : on comptait une fente par état. La séquence suivante dévoilait que toutes les fentes donnaient de toute façon sur la même glissoire, qui entraînait le courrier dans une seule et même poche rivalisant de format avec celle du Père Noël.

J'ai parfois l'impression que les commentateurs sportifs - hormis Pierre Houde, que j'aime beaucoup - croient que tous les joueurs de hockey qui ne sont pas québécois sont anglophones. Il fallait entendre Benoît Brunet, l'an dernier, prononcer le prénom de Sergeï Kostitsyn comme si le Bélarus eût été une province située entre le Manitoba et la Saskatchewan. Au second entracte du match Canadiens-Sénateurs, ce soir, Alain Crête parlait de Peter Regin (un Danois), auteur du seul but après deux périodes, comme s'il était question d'un Américain : le premier "e" du prénom prononcé "i", les deux "r" ronronnés à l'anglaise. From Denmark, Ohio, here is Piiiter Regin.

Et dire que certains se moquaient de Claude Quenneville parce qu'il parlait de "Motts Sounndine" (Mats Sundin). Au moins l'ancien commentateur, celui qui aura eu le privilège d'être le dernier de La soirée du hockey version SRC le samedi soir, avait le respect d'essayer de prononcer le nom des joueurs le plus fidèlement possible à leur langue d'origine.

SL

dimanche 28 février 2010

Marianne et Paul-Marie


Comme tout le monde, je me suis réjoui, au cours des derniers Jeux, de la médaille d'argent de Marianne St-Gelais. Je l'ai trouvée cute sur la deuxième marche du podium, après qu'elle a reçu sa médaille. Une petite fille, qu'on aurait dit. Marianne St-Gelais a une fraîcheur qui, sans rien enlever à Joannie Rochette et à sa peine, me l'a rendue plus sympathique que la jeune patineuse artistique. Sa candeur et sa bonne humeur font d'elle quelqu'un d'authentique. Une jeune femme qu'on voudrait tous comme amie, comme soeur ou comme fille. Marianne a l'air sain. En plus, elle est jolie, ce qui ne nuit pas. Et j'aime l'orthographe de son prénom, tiens.

Surtout, Marianne provient de la même ville que moi. Ils ne sont pas légions, les Félicinois qui mettent la ville jeannoise sur la mappe. Bon, on peut bien parler de Gaston Lepage et de Monique Leyrac, de Suzanne Lévesque passe encore, mais à quoi bon? Qu'ont-ils accompli de particulier?

À l'entrée de la ville, le flambeau hérité des Jeux du Québec de 1984 salue apparemment l'exploit de Marianne, selon ce que m'a rapporté mon père. Ce dernier m'apprenait d'ailleurs cette semaine que l'idée a été évoquée de nommer le Centre sportif de Saint-Félicien Centre sportif Marianne-St-Gelais ou Aréna Marianne-St-Gelais.

Je serais tout à fait d'accord. Le nom actuel est atone, générique, sans plus. Et il faut mettre en valeur les personnalités régionales dans leur patelin. Elles contribuent à la fierté de régions de moins en moins garnies.

Mais tant qu'à rebaptiser le Centre sportif, pourrait-on faire d'une pierre deux coups et rebaptiser aussi la bibliothèque municipale? Car Saint-Félicien peut bien se targuer d'avoir donné naissance à une grande athlète olympique, mais elle a aussi accouché de Paul-Marie Lapointe, un des grands poètes que le Québec ait connus et qui s'est illustré au milieu du siècle dernier, parmi Miron, Gatien Lapointe, Roland Giguère et les autres géants du vers national.

Notre-Dame-de-la-Doré, le village natal de ma mère, qui compte à peine 2500 âmes, a compris il y a un bon moment et a donné à sa modeste bibliothèque municipale le nom de Gilbert Langevin, un autre poète important. Je pense que Saint-Félicien peut se permettre un coup double.

Seulement, quand il est question de reconnaissance, la littérature accuse toujours quelques secondes de retard sur les meneurs...

SL


vendredi 19 février 2010

Flammèche : une animation vraiment sympathique

Voici une animation que je viens de recevoir par courriel. Vraiment cool.

(Je suis incapable de reproduire l'image, mais cliquez simplement sur le carré ci-dessous. Une page Web s'ouvrira. Appuyez sur Play et observez.)



SL

lundi 8 février 2010

Flammèche : Sinatra, ce meurtrier...

Il y a des chansons qu'on aime plus ou moins que d'autres. Le New York Times rapportait samedi, dans un reportage tout ce qu'il y a de plus sérieux, qu'il y a aux Philippines des meurtres en série qu'on a baptisés les "My Way Killings".

Les Philippins, comme les Asiatiques en général, sont friands de karaoke, et il semble qu'une vague meurtrière emporte quiconque, dans le sud du pays, s'aventure à chanter le succès "My Way" de Frank Sinatra. On aura vu des liens victimologiques moins originaux...

C'est mon ami Georges qui serait surpris de constater qu'il a un don de prescience. Il a déjà donné à un de ses personnages le nom de Frank Sinistra...

SL

lundi 1 février 2010

"Premier à le savoir..."

La chaîne spécialisée RIS, petite soeur de RDS qui diffuse en continu des nouvelles du sport, a comme slogan Premier à le savoir. Elle pourrait hélas ajouter ... dernier à vous le dire.

Je ne compte plus les fois où j'apprends sur Cyberpresse (ou ailleurs) les nouvelles de dernière heure dans le sport. Comment se fait-il que, lorsqu'il y a un match du Canadien, Cyberpresse soit en mesure d'inscrire, presque en temps réel, le score de la partie, tandis que le site Web de RDS n'est mis à jour que pendant les entractes? Les webmestres de RDS sont-ils occupés à mettre à jour la section Politique de Cyberpresse?

Encore ce soir, il est question de la gravité de la blessure de Mike Cammalleri. RDS m'apprend qu'on en saura plus demain (mardi). Pourtant, Marc-Antoine Godin de Cyberpresse semble déjà savoir que l'as marqueur du Canadien évitera l'opération et sera tenu à l'écart pendant 6 semaines.

Me semble que si je travaillais pour RDS, je serais insulté qu'un média généraliste sorte les scoops sportifs avant le média spécialisé. Me semble que c'est comme si j'apprenais à Pierre Bruneau avant que Claude Poirier ne le fasse qu'un "individu a vandalisé un commis d'épicerie à coups de barre de fer de métal et a réclamé les services de l'avocat Frank Shoofey".

Je sais, il y a pires problèmes sur la planète et en Haïti. Mais me semble que je serais gêné de ne même pas être le premier dans le domaine dans lequel je devrais l'être.

Je dis ça de même.

SL

jeudi 21 janvier 2010

Flammèche : Le voici ,le nouveau thème musical

La semaine dernière, je parlais du nouveau thème de La soirée du hockey version Neil Peart de Rush. Voici enfin la vidéo qui nous permet d'écouter ce que ça donne. (Merci à RDS pour le lien.)

SL

mardi 19 janvier 2010

Flammèche : Wow !

Je me permets de voler l'idée de Matthias Brunet de Cyberpresse et de publier cette vidéo. Une magnifique apologie des tirs de barrage dans la LNH.



Wow. Que dire de plus?

SL

mercredi 13 janvier 2010

Flammèche : La soirée du hockey, version... Rush?



Le batteur Neil Peart, membre d'un de mes groupes fétiches, Rush, a pris sur lui de composer puis d'enregistrer une version moderne du thème musical de Hockey Night in Canada (qui est le même que celui de La soirée du hockey, évidemment). Peart, que d'aucuns considèrent comme un génie de la musique progressive (je suis de ceux-là - ceux qui pensent qu'il est un génie, pas un génie de la musique progressive...), a travaillé avec 17 musiciens.

Jusqu'à présent, voici tout ce qui est disponible sur son travail d'adaptation.




Le thème sera désormais officiellement utilisé par TSN, le jeudi 14 janvier (demain).

La version de ce virtuose de la batterie et des percussions fera-t-elle oublier la version de Simple Plan, récupérée par RDS en 2008?

SL



mardi 12 janvier 2010

Flammèche : Les amis de Bob Gainey

L'animateur Michel Langevin en a parlé ce matin sur les ondes de CKAC, et je suis allé jeter un coup d'oeil. Ce n'est peut-être pas "pissant" comme Langevin le prétend, mais ça vaut le détour.

La page Facebook de Bob Gainey, réalisée par le site humoristique Mauvais Oeil.

Il peut bien sûr être TRÈS utile de connaître l'histoire récente du Canadien pour comprendre toutes les allusions...

C'est bien pensé.

SL

jeudi 7 janvier 2010

Maîtres chez nous?

Après la défaite crève-coeur du Canada contre les Américains avant-hier, un collègue et moi évoquions ce à quoi pourrait ressembler une équipe du Québec, dans les compétitions internationales. Évidemment, nous nous basions sur les Québécois qui jouent dans la LNH, et non pas dans le junior.
Juste pour le fun, j'ai fait un Guy Bertrand de moi-même et je me suis prêté à l'exercice. Vous verrez qu'on a un surplus de joueurs de centre, mais que les défenseurs seraient peut-être le talon d'Achille du Québec... alors que les gardiens se bousculent à la porte. Voici ce que ça donne :
CENTRES : Vincent Lecavalier (TB), Mike Ribeiro (DAL), Patrice Bergeron (BOS), Paul Stastny (COL) (eh oui, il est né à Québec du temps que son père, Peter, jouait pour les Nordiques...), Derick Brassard (CLB), Antoine Vermette (CLB), Pierre-Marc Bouchard (MIN), Daniel Brière (PHI), Matthew Lombardi (PHO), Maxime Talbot (PIT)
AILIERS DROITS : Martin St-Louis (TB), Jason Pominville (BUF), Jean-Pierre Dumont (NAS), Steve Bernier (VAN), Pascal Dupuis (PIT)
AILIERS GAUCHES : Simon Gagné (PHI), Alex Tanguay (TB), David Perron (STL), Alex Burrows (VAN), Jean-François Jacques (EDM)
DÉFENSEURS : Kristopher Letang (PIT), Stéphane Robidas (DAL), François Beauchemin (TOR), Marc-Édouard Vlasic (SJ), Francis Bouillon* (NAS), Bruno Gervais (NYI), Alexandre Picard (OTT), Jason Demers (SJ)
GARDIENS DE BUT : Martin Brodeur (NJ), Roberto Luongo (VAN), Marc-André Fleury (PIT), Jean-Sébastien Giguère (ANA), Martin Biron (NYI), José Théodore (WAS)

Entraîneurs : Jacques Lemaire (NJ), Alain Vigneault (VAN).

* Bouillon est né à New York, mais il a grandi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal.
*** À titre indicatif, certains très bons joueurs au nom trompeur ne sont pas des Québécois : Marc Savard (Ontario), Patrick Marleau (Saskatchewan), René Bourque (Alberta), Benoît Pouliot (Ontario), Daniel Cleary (Terre-Neuve), Claude Giroux (Ontario).
Quant à Jason Pominville, bien qu'il soit originaire de Repentigny, il a aussi la citoyenneté américaine, et je crois même qu'il représentera les USA aux Olympiques de Vancouver. Qu'à cela ne tienne. On s'amuse.

SL

dimanche 27 décembre 2009

Parler pour ne rien entendre

Je n'ai jamais aimé la messe du 24 décembre.

Quand j'étais plus jeune, c'était parce qu'elle agissait comme une espèce de tampon entre l'arrivée de la visite et la distribution des cadeaux ainsi que le moment où ma tendre mère exhibait toute la bouffe qu'elle avait amoureusement préparée dans le mois de l'Avent.

Aujourd'hui, ma mère n'est plus, les cadeaux sont déballés le 25 en après-midi. Et je continue de ne pas aimer la messe du 24 décembre.

Cette année, j'y étais avec mon père et mon frère. Et j'ai encore une fois éprouvé ce sentiment d'amour-haine avant, pendant et après la messe de Noël.

L'église Saint-Charles-Borromée, dans le Trait-Carré à Québec, est magnifique. Mais son jubé est mal conçu : au lieu d'être construit en gradins, comme dans la majorité des églises, il est plutôt plat. Résultat : depuis la huitième rangée du jubé, on voit à peine l'autel et le sanctuaire, et on éprouve une sensation d'étouffement qui n'a rien pour faire oublier le reste des désagréments.

Car le pire des désagréments, celui qui me fait à ce point ne pas aimer la messe du 24 décembre, c'est l'irrévérence. L'irrévérence des badauds qui s'attroupent dans une église parce qu'il n'y a pas de match de hockey pour les faire patienter pendant que cuit la dinde. Des ignares qui ne savent pas qu'on se tait dans une église, qu'on soit croyant ou pas. Tout le monde n'aime pas les livres, mais tout un chacun sait qu'il faut observer le silence dans une bibliothèque. Or, une église est une bibliothèque; une bibliothèque dont l'unique Livre raconte l'histoire des civilisations occidentales, mais aussi le passé et la tradition de chacun des humains qui s'y masse. L'histoire est éculée, certes, peut-être même que sa finale est prévisible (Jésus-Christ ressuscite chaque année - on a délaissé Jason Voorhees, Freddy Krueger et Michael Myers pour bien moins de retours anticipés); peut-être encore qu'elle ne comporte pas assez d'effets spéciaux ou qu'il faudrait qu'elle soit lue sur une trame sonore garnie des hits des Black Eyed Peas et de Lady Gaga. Peut-être encore que certains sont lassés de se faire raconter une histoires dans laquelle le bon gars gagne à la fin : après tout, qui n'a pas aimé la finale du Silence des agneaux qui montre ce bon vieux gastronome d'Hannibal qui se fond dans un paysage sud-américain, libre comme l'air?

Je me relis et je me trouve vieux jeu. Je crois entendre mon père, un homme de 66 ans qui tient à certains principes et, surtout, qui est parfois bien grincheux. Surtout depuis que maman est morte.

Mais mon père connaît les vertus du silence. Trop bien, sans doute. Un de mes moments préférés de la messe de Noël, s'il en est un, c'est l'attente pendant les minutes qui précèdent le début de la messe. C'est là que sont chantés les cantiques de Noël. Et il ne faut pas me faire rater mes cantiques. "Minuit chrétien" est pour moi aussi propice à la méditation que le "Hallelujah" de Cohen. Hélas, rares sont les chanteurs d'église (des chanteurs du dimanche, donc...) qui savent atteindre la note clé qui en marque l'apothéose. Mais je suis sans doute trop exigeant. Il fallait voir mon père, cette année, laisser librement ruisseler les larmes sur ses joues ridées par le chagrin de la dernière année, sur un fond de "Minuit chrétien" bien grave. Franchement émouvant pour le fils que je suis.

Pendant ce temps, les idiots qui ont pris d'assaut l'église la plus proche des dépanneurs, question de pouvoir ramasser la dernière caisse de Coors Light tout de suite après la messe, discutent de la température, du vieil oncle qui va sans doute encore se saouler. Peut-être même l'oncle en question est-il là, quelque part, son flasque emmitouflé dans le manteau , prêt à être dégainé pour concurrencer le vin de messe du curé officiant (ça s'est vu, vous savez...).

Je suis sans doute vieux jeu. Croyant aussi, même si j'ai cessé de pratiquer il y a un moment, pour des raisons trop humaines. Mais j'abhorre la messe du 24 décembre parce qu'on ne la respecte pas. C'est un paradoxe regrettable. Chaque année, c'est immanquable, je passe une heure dans une église, là où je me sens habituellement en paix, à conspuer intérieurement les parents irresponsables qui ont traîné leurs enfants là où ils sont trop jeunes pour comprendre; à les conspuer de refuser de se soustraire à ceux qui, comme moi, cherchent un espace de recueillement, tandis que leurs insupportables mioches font savoir à tue-tête qu'ils n'ont pas d'affaire dans une église. Pas aussi jeunes. (Mes parents étaient/sont très pieux, et mon frère et moi n'avons pas mis les pieds dans une église avant l'âge de 6 ou 7 ans.)

Je déteste voir les gars agir comme des gars et les filles agir comme des filles. Voir un ado de 15 ans chercher à impressionner sa cousine parce que c'est la seule fille avec qui il est capable de s'offrir du temps; je déteste voir son cousin ou son ami, trois rangs devant moi, s'esclaffer chaque fois qu'un chanteur rate une note ou que le curé parle de la paix plutôt que de la guerre. Ça ne fait pas très masculin, propager la paix; il vaudrait bien mieux vanter le mérite des soldats canadiens - surtout ici, à une vingtaine de kilomètres de Valcartier, non?

Je me désole, chaque année, de cette tradition qui se perd. Je devrais plutôt dire de cette tradition qui persiste mais pour les mauvaises raisons. On va à la messe de Noël parce que c'est ce qu'il faut; parce qu'il faut y être vu; parce que c'est l'occasion pour le cousin de faire rire la cousine là où c'est interdit. Parce que c'est l'occasion pour les nouveaux parents de montrer à leur progéniture, avec condescendance, que c'est ici, dans ce genre de bâtiment, que les gens, autrefois, venaient prier le ti-Jésus, une sorte de Wilfred qui a gagné la compétition de son époque en acceptant de se faire crucifier live (non, Mégane, ça n'a pas été filmé) au lieu de frencher deux filles à la fois dans le spa à V-Télé (non, Louis-William-Éloi-Guillaume, tu ne peux pas texter ton vote pour Jésus).

Je secoue la tête, encore cette année, en voyant les bancs se vider après la communion. Surveillez-les bien : ce sont vos oncles, vos tantes ,vos cousins et cousines qui partiront de chez vous repus avant le moment de faire la vaisselle.

Je suis grincheux. Ça me fait penser que je dois aller voir Scrooge. Parce que ça me tente. Comme ça me tentait d'aller à la messe de Noël, parce que trop souvent ces dernières années, je ne pouvais y aller et je m'en désolais.

Je me désole aussi de cette visite à l'église, le 24 décembre, qui est aussi vide de sens pour un grand nombre de gens que s'ils avaient opté pour la Fudgerie Doucinet, un musée du chocolat qui se trouve à quelques pas de l'église. Je ne suis plus praticant, mes motifs n'ont donc rien de propagandiste. Je pense comme Pierre Bourgault, qui, il y a une dizaine d'années, s'était opposé à la laïcisation des écoles, alors qu'il avait des tonnes de reproches à adresser à l'Église catholique.

La religion fait partie de l'Histoire. C'est ce dont j'aimerais que soient conscients les imbéciles qui vont étrenner leur nouveau manteau à l'église.

SL

dimanche 22 novembre 2009

Flammèche : des calories, encore des calories!

Regardez ce qui suit et écrivez-moi, si ces images vous ouvrent l'appétit... Personnellement, j'ai pris 5 livres juste à les observer.









SL (*burp*)





mercredi 18 novembre 2009

Sur la route

"Et nos poèmes encore s'en iront sur
la route des hommes, portant semence et fruit
dans la lignée des hommes d'un autre âge."
- Saint-John Perse, Vents -


Samedi dernier, le trio dont je fais partie, les Acolytes Anonymes, se produisait à Saint-Raymond, dans Portneuf. C'était notre petit trip, modeste, de stars du rock. Un trip que chaque gars rêve de vivre à un moment donné au cours de son existence.

J'ai fait partie de plusieurs bands. Dès le secondaire 3. Mon premier trip, c'était le show de fin d'année, à la polyvalente. Cinq après-midis, deux soirs. Sept fois dans la semaine, nous nous produisions devant une foule de 250 personnes. L'auditorium était toujours à guichets fermés - il faut dire que le show était gratuit et que les cours étaient suspendus pour la présentation du spectacle, mais ça, on s'en foutait. Les gens auraient été forcés de venir nous voir avec un fusil sur la tempe qu'on aurait joui quand même. L'espace d'une semaine, la vingtaine d'étudiants boutonneux que nous étions à participer à ce spectacle monté tout au long de l'année scolaire nous donnait l'impression d'être en tournée.

Samedi dernier, je me suis replongé dans ce feeling l'espace d'une dizaine d'heures. Sur la route, avec mon comparse Dédé T., guitariste et harmoniciste émérite, on jase de mon autre band, on parle de nos aspirations musicales, de mon rôle de chef d'orchestre désigné, des frustrations qui viennent avec cette responsabilité. On regarde défiler le paysage de Portneuf, on résiste à l'effet de la grisaille. L'adrénaline commence à frétiller dans le détour de l'intestin grêle. Quelque part par là. "C'est quelque part par là", qu'on se dit en observant Joss, notre guide, le Raymondois qui nous attire dans son antre.

Les tests de son de l'après-midi me font me sentir loin de la maison. La salle est intimidante. L'estrade est proche de la scène (quelle scène, en fait ? parce que ce qui sert de stage est un semblant de promontoire de plus ou moins un pouce de "hauteur").

J'ai donné des dizaines de spectacles dans ma vie. Je ne suis pas un pro, mais j'ai appris à amadouer le trac, à l'éradiquer même. Mon métier d'enseignant y est sans doute pour quelque chose. Samedi, la nervosité était à zéro. Le technicien de son y est aussi pour quelque chose : il me gratifie du meilleur son de guitare acoustique que j'aie eu depuis que les Acolytes existent et jouent "un soir à la fois".

***
Un beau moment, en fin d'après-midi. Mes comparses et moi allons casser la croûte à la Brasserie Bédard, une place de gars où on compte toutefois plus de femmes, à l'heure de notre arrivée. Le match Sénateurs/Rangers tire à sa fin. Tant mieux, je pourrai écouter attentivement ce que mes acolytes ont à dire.

Des discussions agréables, profondes, même, à trois heures du spectacle. Au lieu de traiter des enchaînements entre les pièces, je soûle mes deux amis de ma vision de la musique, de cette maudite tare qui ralentit sa progression au Québec et ailleurs. Je m'écoute parler et j'essaie de me dire que je pourrais écrire un billet là-dessus, ici. Ou un essai que j'essaierais de faire publier, tellement il y a à dire, à décrier. On parle de théâtre, d'écriture. Faut dire qu'aucune groupie ne nous fait de l'oeil. À la table voisine, trois vieilles femmes, peut-être veuves, sont le visage de la désolation. Deux d'entre elles sont assises, côte à côte, se parlent occasionnellement sans se regarder en face - c'est lorsqu'elles n'épient pas, à distance, leur consoeur qui épuise son chèque de rentière dans chacune des quatre ou cinq machines à sous qui tintent à ma droite. Le jeu maladif ne regarde pas l'âge. La vieille tête blanche mange à peine; le clignotement coloré de l'écran et l'appât du gain sont sa nourriture.

J'ai trop mangé. Voilà pourquoi il fallait souper au moins deux heures avant le spectacle. Question de rester poli au micro.

À la caisse pour payer, je remarque une dame qui nous a remarqués. On n'est pas connus, sinon que de face, peut-être même pas de profil. Mais la dame est observatrice et se souvient d'avoir vu nos trois minois sur des affiches, chez Uniprix.

***

Trente personnes. Trente braves, certains qui ont parcouru la distance depuis Québec. Ils donnent parfois l'impression d'être le double. Mon adorable C. est indispensable : elle mène les claques, rit, frappe des mains, anime presque la foule. Je l'adore. Encore et toujours.

Vingt-neuf pièces plus tard, une corde et quelques doutes en moins, nous sommes contents. J'ai des réticences : on aurait dû être mieux préparés, on aurait pu mieux enrober la musique, parler mieux, parler plus, interagir les uns avec les autres. Je suis un chiâleux émérite et un perfectionniste fini.

On a droit au traitement royal : de la bouffe et de l'alcool sur le bras de l'Espace culturel, qui nous a accueillis comme des mages, moins la myrrhe. J'espère qu'on n'a déçu personne.

On se permet d'autographier notre affiche, avant de quitter l'enceinte. Comme Ariane Moffat et Richard Séguin l'ont fait, dans un des corridors de l'endroit. Tant qu'à se prendre pour des pros... J'arrache une des affiches avant de partir - je prends soin de m'assurer que ce n'est pas celle qu'on a autographiée. J'ai déjà cette affiche à la maison - c'est moi qui l'ai conçue. Mais l'ajout de la date, maladroitement modifiée à la main, donne de la vraisemblance à tout ça.

Je rentre à une heure du matin. Vanné. Avec la voix de Mad Dog Vachon.

Ma fille s'est réveillée. Elle n'est plus endormable. Dès qu'on tente de la mettre au lit, elle hurle.

Elle a, hélas, hérité de la voix de son père.

SL